CGV : Définition juridique et Applications

Publié le par Aurore Bonavia Mis à jour le

Les conditions générales de vente, désignées dans la pratique par le sigle CGV, désignent l'ensemble des clauses applicables aux ventes de biens ou aux prestations de services réalisées par un professionnel.

Les conditions générales de vente, désignées dans la pratique par le sigle CGV, désignent l'ensemble des clauses applicables aux ventes de biens ou aux prestations de services réalisées par un professionnel. Elles fixent le cadre contractuel des relations commerciales et s'imposent à l'acheteur dès lors qu'il en a eu connaissance et qu'il les a acceptées. Le régime applicable diffère sensiblement selon que le destinataire est un consommateur (B2C) ou un autre professionnel (B2B), ce qui justifie en pratique la rédaction de deux jeux distincts de conditions.

En droit français, les CGV remplissent deux fonctions distinctes : elles constituent le socle unique de la négociation commerciale au sens de l'article L441-1 du Code de commerce dans les relations entre professionnels, et elles servent de support à la délivrance des informations précontractuelles obligatoires en application des articles L221-5 et suivants du Code de la consommation dans les relations avec les consommateurs.

L'absence ou l'insuffisance de CGV expose le professionnel à des sanctions administratives infligées par la DGCCRF, à la nullité de certaines clauses, et à l'engagement de sa responsabilité en cas de litige avec un client mécontent. Une rédaction soignée constitue par conséquent un investissement de sécurité juridique et de fluidité commerciale.

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Les CGV dans les relations entre professionnels (B2B)

Les conditions générales de vente entre professionnels sont régies par les articles L441-1 et suivants du Code de commerce, dans leur rédaction issue de l'ordonnance n° 2019-359 du 24 avril 2019 relative à la transparence, aux pratiques commerciales et aux relations commerciales.

L'article L441-1 du Code de commerce pose un principe de communication obligatoire :

« Toute personne exerçant des activités de production, de distribution ou de services qui établit des conditions générales de vente est tenue de les communiquer à tout acheteur de produits ou tout demandeur de prestations de services qui en fait la demande pour une activité professionnelle. »

Les CGV B2B constituent le socle unique de la négociation commerciale, en ce sens que toute relation commerciale doit reposer sur des conditions communiquées au préalable. Elles peuvent être différenciées selon les catégories d'acheteurs (grossistes, détaillants, plateformes), à condition que cette différenciation soit objectivement justifiée. Le manquement à l'obligation de communication est sanctionné par une amende administrative pouvant atteindre 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale (article L441-1 IV).

Les CGV B2B contiennent typiquement les conditions de vente, le barème des prix, les rabais et ristournes, les conditions de règlement, les pénalités de retard et le taux de l'indemnité forfaitaire de recouvrement (40 €) prévue à l'article L441-10 II du Code de commerce.

Les CGV dans les relations avec les consommateurs (B2C)

Les conditions générales de vente B2C sont encadrées par le Code de la consommation, qui impose au professionnel un devoir d'information précontractuelle renforcé et prohibe les clauses créant un déséquilibre significatif au détriment du consommateur.

L'article L221-5 du Code de la consommation énumère les informations qui doivent être communiquées de manière lisible et compréhensible avant tout contrat conclu à distance ou hors établissement, parmi lesquelles :

  • les caractéristiques essentielles du bien ou du service proposé ;
  • le prix total toutes taxes comprises et les frais supplémentaires éventuels ;
  • les modalités de paiement, de livraison et d'exécution du contrat ;
  • la date ou le délai de livraison ;
  • les modalités prévues pour le traitement des réclamations ;
  • l'existence et les conditions du droit de rétractation prévu à l'article L221-18 ;
  • la durée du contrat ou les conditions de résiliation pour les contrats à durée indéterminée ;
  • la garantie légale de conformité (Code conso art. L217-3 et s.) et la garantie des vices cachés (Code civil art. 1641 et s.).

L'article L212-1 du Code de la consommation prohibe les clauses abusives qui ont pour objet ou pour effet de créer un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties au détriment du consommateur. La Commission des clauses abusives publie régulièrement des recommandations identifiant les clauses considérées comme abusives par catégorie de contrat (assurance, télécoms, banque, e-commerce). Le décret n° 2009-302 du 18 mars 2009 fixe une liste noire de clauses présumées abusives de manière irréfragable, et une liste grise de clauses présumées abusives sauf preuve contraire.

L'opposabilité des CGV au cocontractant

Les CGV ne s'imposent au client que si elles ont été portées à sa connaissance avant la conclusion du contrat et qu'il les a acceptées. Cette double exigence d'information et d'acceptation est constamment rappelée par la Cour de cassation.

En pratique, l'opposabilité des CGV en environnement numérique repose sur trois mécanismes principaux :

  • la présentation des CGV lors du parcours d'achat, généralement par un lien hypertexte précédant la validation de la commande, accompagné d'une case à cocher distincte « J'ai lu et j'accepte les conditions générales de vente » ;
  • la conservation des CGV dans une version qui peut être stockée et reproduite par le client (article L221-13 du Code de la consommation pour le B2C) ;
  • la traçabilité de l'acceptation par horodatage électronique et conservation de l'historique du parcours, à des fins probatoires.

Une simple mention « En passant commande, vous acceptez nos CGV » sans case à cocher distincte ni présentation du contenu des CGV est insuffisante à caractériser l'acceptation, notamment dans les rapports avec un consommateur. La jurisprudence de la chambre commerciale de la Cour de cassation et de la première chambre civile a régulièrement sanctionné des opérateurs qui n'apportaient pas la preuve de l'acceptation expresse de leurs CGV.

Spécificité juridique sur le droit de rétractation

L'article L221-18 du Code de la consommation organise le droit de rétractation propre aux contrats conclus à distance ou hors établissement entre un professionnel et un consommateur :

« Le consommateur dispose d'un délai de quatorze jours pour exercer son droit de rétractation d'un contrat conclu à distance, à la suite d'un démarchage téléphonique ou hors établissement, sans avoir à motiver sa décision ni à supporter d'autres coûts que ceux prévus aux articles L. 221-23 à L. 221-25. »

Le délai court à compter du jour de la conclusion du contrat pour les prestations de services et du jour de la réception du bien pour les ventes. Le consommateur exerce son droit en notifiant sa décision au professionnel avant l'expiration du délai, par tout moyen non équivoque exprimant la volonté de se rétracter. L'utilisation du formulaire-type annexé au Code de la consommation est admise mais n'est pas obligatoire.

L'article L221-28 du Code de la consommation énumère les exceptions au droit de rétractation, parmi lesquelles les biens confectionnés selon les spécifications du consommateur ou nettement personnalisés, les biens susceptibles de se détériorer ou de se périmer rapidement, les enregistrements audio ou vidéo descellés et les contenus numériques fournis sur un support immatériel après l'accord exprès du consommateur préalablement à l'exécution.

L'omission d'information sur le droit de rétractation entraîne la prolongation du délai de rétractation à douze mois à compter de l'expiration du délai initial de quatorze jours (article L221-20).

Le cabinet Aurore Bonavia se charge de vos enjeux en matière de CGV

  • la rédaction de CGV B2B conformes aux exigences de l'article L441-1 du Code de commerce et adaptées à votre modèle de distribution ;
  • la rédaction de CGV B2C conformes aux articles L221-5 et suivants du Code de la consommation, intégrant les obligations d'information précontractuelle, le droit de rétractation et les garanties légales ;
  • l'audit de vos CGV existantes et l'identification des clauses abusives ou inopposables ;
  • la conception du parcours d'acceptation en environnement numérique, en lien avec les exigences d'opposabilité et de traçabilité ;
  • l'articulation des CGV avec les CGU, les mentions légales, la politique de confidentialité et les bandeaux cookies ;
  • la défense face aux actions de la DGCCRF et aux contentieux civils initiés par des clients ou des associations de consommateurs ;
  • la rédaction des CGV multilingues pour les activités d'export ou les plateformes accessibles depuis l'étranger ;
  • la mise à jour régulière des CGV en fonction des évolutions législatives et jurisprudentielles.

En savoir plus sur l'accompagnement du cabinet : avocat CGV/CGU.

Sources : Code de commerce (art. L441-1 à L441-17), Code de la consommation (art. L211-1 et s., L212-1 et s., L221-5 à L221-28), Ordonnance n° 2019-359 du 24 avril 2019, Décret n° 2009-302 du 18 mars 2009 (clauses abusives), recommandations de la Commission des clauses abusives, jurisprudence Cass. com. et Cass. 1re civ. sur l'opposabilité des CGV. Fiche mise à jour le 3 mai 2026.

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