Brevet : Définition juridique et Applications

Publié le par Aurore Bonavia Mis à jour le

Le brevet constitue un titre de propriété industrielle qui protège une invention en conférant à son titulaire un monopole d'exploitation pour une durée limitée, en contrepartie de la divulgation publique de l'invention.

Le brevet constitue un titre de propriété industrielle qui protège une invention en conférant à son titulaire un monopole d'exploitation pour une durée limitée, en contrepartie de la divulgation publique de l'invention. Ce mécanisme repose sur un compromis fondateur du droit des brevets : l'inventeur accepte de rendre son innovation accessible à la communauté technique, et reçoit en échange un droit exclusif lui permettant d'amortir ses investissements en recherche et développement.

Régi par le livre VI du Code de la propriété intellectuelle (articles L611-1 et suivants), le brevet français est délivré par l'Institut national de la propriété industrielle (INPI) au terme d'une procédure d'examen rigoureuse. La durée de protection est de vingt ans à compter du dépôt de la demande, sous réserve du paiement d'annuités progressives à l'INPI.

Le brevet représente un actif stratégique majeur pour les entreprises innovantes. Il peut être valorisé au bilan, cédé, donné en garantie ou concédé en licence à des partenaires industriels. Sa rentabilité dépend toutefois de la qualité du dépôt initial, de l'étendue territoriale choisie et de la stratégie de défense face aux contrefacteurs.

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Les conditions de brevetabilité d'une invention

L'article L611-10 du Code de la propriété intellectuelle pose trois conditions cumulatives auxquelles doit satisfaire toute invention pour ouvrir droit à la délivrance d'un brevet :

  • la nouveauté : l'invention ne doit pas être comprise dans l'état de la technique, lequel englobe tout ce qui a été rendu accessible au public avant la date de dépôt par une description écrite ou orale, un usage ou tout autre moyen, en France ou à l'étranger ;
  • l'activité inventive : l'invention ne doit pas découler de manière évidente de l'état de la technique pour un homme du métier disposant des connaissances générales du domaine concerné ;
  • l'application industrielle : l'invention doit pouvoir être fabriquée ou utilisée dans tout genre d'industrie, y compris l'agriculture.

L'article L611-10 alinéa 2 du CPI exclut expressément du champ de la brevetabilité plusieurs catégories de créations : les découvertes scientifiques, les théories scientifiques et les méthodes mathématiques, les créations esthétiques, les plans, principes et méthodes intellectuelles ou commerciales, les présentations d'informations ainsi que les programmes d'ordinateur en tant que tels (la jurisprudence admet néanmoins la brevetabilité d'inventions mises en œuvre par ordinateur produisant un effet technique).

La procédure de délivrance du brevet français

Le dépôt d'une demande de brevet auprès de l'INPI ouvre une procédure échelonnée sur deux à trois années en moyenne :

  1. dépôt de la demande accompagnée du paiement des taxes officielles ;
  2. examen de la conformité formelle par l'INPI dans un délai de trois mois ;
  3. établissement d'un rapport de recherche par l'examinateur qui identifie les antériorités susceptibles d'opposer la nouveauté ;
  4. publication de la demande au Bulletin officiel de la propriété industrielle dix-huit mois après le dépôt ;
  5. examen au fond et délivrance du brevet sous réserve des éventuelles modifications demandées.

L'extension internationale peut intervenir dans un délai de douze mois à compter du premier dépôt, en application du droit de priorité prévu par la Convention de Paris pour la protection de la propriété industrielle (1883). Trois voies coexistent : la voie nationale (dépôts pays par pays), la voie européenne via l'Office européen des brevets en application de la Convention sur le brevet européen, et la voie internationale via le Patent Cooperation Treaty (PCT) administré par l'OMPI.

Les droits conférés par le brevet et leur défense

L'article L613-3 du Code de la propriété intellectuelle confère au titulaire du brevet un droit d'interdire à tout tiers, sans son consentement, la fabrication, l'offre, la mise dans le commerce, l'utilisation ou l'importation des produits objet du brevet. Cette prérogative fonde le monopole d'exploitation reconnu pendant vingt ans à compter du dépôt.

L'atteinte à ce monopole constitue une contrefaçon réprimée par les articles L615-1 et suivants du CPI, dont les sanctions civiles incluent l'interdiction de poursuivre l'exploitation, le versement de dommages-intérêts et la confiscation des produits contrefaisants. La voie pénale ouvre des peines pouvant atteindre trois ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende.

Le titulaire dispose de la procédure de saisie-contrefaçon prévue à l'article L615-5 du CPI, qui permet d'obtenir auprès du président du tribunal judiciaire l'autorisation de constater matériellement les actes argués de contrefaçon avant l'introduction de l'instance au fond.

Spécificité juridique sur les exclusions de brevetabilité

L'article L611-10 alinéa 2 du Code de la propriété intellectuelle dresse une liste de matières expressément exclues du champ de la brevetabilité :

« Ne sont pas considérées comme des inventions au sens du premier alinéa du présent article notamment : a) Les découvertes ainsi que les théories scientifiques et les méthodes mathématiques ; b) Les créations esthétiques ; c) Les plans, principes et méthodes dans l'exercice d'activités intellectuelles, en matière de jeu ou dans le domaine des activités économiques, ainsi que les programmes d'ordinateur ; d) Les présentations d'informations. »

L'alinéa 3 du même article précise toutefois que ces exclusions ne valent que dans la mesure où la demande concerne ces éléments « en tant que tels ». La jurisprudence européenne, notamment celle de la chambre de recours de l'Office européen des brevets, a progressivement admis la brevetabilité d'inventions mises en œuvre par ordinateur dès lors qu'elles produisent un effet technique allant au-delà de la simple exécution d'un programme sur un ordinateur.

Le cabinet Aurore Bonavia se charge de vos enjeux en matière de brevet

  • l'évaluation de la brevetabilité de votre invention au regard des conditions de nouveauté, d'activité inventive et d'application industrielle ;
  • la rédaction stratégique de la demande, des revendications et de la description en lien avec un conseil en propriété industrielle ;
  • les formalités de dépôt auprès de l'INPI, de l'OEB ou par la voie PCT selon le périmètre territorial visé ;
  • la réponse aux objections soulevées par les examinateurs au cours de la procédure d'examen ;
  • les actions en contrefaçon et les saisies-contrefaçon devant les juridictions spécialisées en matière de brevets ;
  • la défense face aux actions en nullité initiées par des tiers ;
  • la négociation et la rédaction des contrats de cession et de licence de brevet ;
  • le suivi du portefeuille de brevets et le paiement des annuités aux échéances.

En savoir plus sur l'accompagnement du cabinet : avocat en propriété industrielle.

Sources : Code de la propriété intellectuelle (art. L611-1 à L615-22), Convention sur le brevet européen (CBE), Patent Cooperation Treaty (PCT), Convention de Paris (1883), INPI, Office européen des brevets (OEB), OMPI. Fiche mise à jour le 3 mai 2026.

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