L'OMPI (Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle, en anglais World Intellectual Property Organization - WIPO) constitue, depuis sa création par la Convention instituant l'OMPI signée à Stockholm le 14 juillet 1967, l'institution spécialisée des Nations Unies chargée de promouvoir la protection de la propriété intellectuelle dans le monde. Son siège est à Genève, et elle compte aujourd'hui plus de 190 États membres, soit la quasi-totalité des États reconnus internationalement. L'enjeu pratique du rôle de l'OMPI est central pour les portefeuilles internationaux de propriété intellectuelle. L'organisation administre une vingtaine de traités internationaux structurant la coopération entre offices nationaux et permet aux titulaires d'obtenir des protections dans de multiples juridictions par des procédures centralisées. Les principales prestations couvrent les marques internationales (système de Madrid), les dessins et modèles internationaux (Acte de La Haye), les brevets internationaux (PCT - Traité de coopération en matière de brevets) et l'arbitrage des litiges (Centre d'arbitrage et de médiation). L'OMPI joue également un rôle structurant dans l'élaboration des standards internationaux de propriété intellectuelle, en partenariat avec l'OMC (pour l'accord ADPIC) et avec l'Union européenne. L'organisation publie régulièrement des rapports, études et recommandations qui orientent l'évolution du droit international. Vous souhaitez accéder aux services internationaux de l'OMPI ? Le Cabinet Aurore Bonavia accompagne les dépôts internationaux et les procédures devant l'OMPI. → Voir l'accompagnement en propriété intellectuelle Les missions principales de l'OMPI L'article 3 de la Convention instituant l'OMPI fixe les missions de l'organisation : « L'Organisation a pour but : i) de promouvoir la protection de la propriété intellectuelle dans le monde entier par la coopération des États, en collaboration, s'il y a lieu, avec toute autre organisation internationale ; ii) d'assurer la coopération administrative entre les Unions. » Les missions principales de l'OMPI couvrent : l'administration des traités internationaux sur la propriété intellectuelle (plus de 25 traités à ce jour) ; la gestion des systèmes d'enregistrement international (Madrid, La Haye, PCT, Lisbonne) ; l'arbitrage et la médiation des litiges internationaux par le Centre d'arbitrage et de médiation ; la publication d'informations, de bases de données et de rapports sur la propriété intellectuelle mondiale ; la coopération technique avec les pays en développement et les pays moins développés ; la négociation de nouveaux traités et instruments internationaux ; la formation des fonctionnaires des offices nationaux et des professionnels de la propriété intellectuelle ; la coordination avec les autres organisations internationales (OMC, ONU, UNESCO). L'OMPI emploie environ 1 500 collaborateurs à Genève et dans ses bureaux régionaux (Rio de Janeiro, Singapour, Tokyo, Pékin, Moscou, Abuja, Alger). L'organisation est dirigée par un Directeur général nommé par l'Assemblée générale, fonction occupée depuis 2020 par Daren Tang (Singapour). Le système de Madrid pour les marques internationales Le système de Madrid constitue l'un des services les plus utilisés de l'OMPI. Il repose sur deux traités complémentaires : l'Arrangement de Madrid concernant l'enregistrement international des marques de 1891 ; le Protocole de Madrid de 1989 qui a modernisé et étendu le système. Le système permet aux titulaires de marques de désigner plusieurs États membres par une demande internationale unique déposée auprès de l'OMPI sur la base d'une marque nationale ou européenne préexistante. Les principaux avantages pratiques : simplicité administrative : un seul dépôt, une seule langue (français, anglais ou espagnol au choix), une seule procédure de paiement ; économie financière : taxes globales inférieures aux dépôts nationaux multiples équivalents ; gestion centralisée : renouvellements, modifications, cessions effectués via l'OMPI pour l'ensemble des États désignés ; désignations postérieures : possibilité d'étendre la protection à de nouveaux États sans dépôt initial complet. Le système couvre aujourd'hui plus de 130 États membres, ce qui en fait un outil de protection global pour les marques internationales. Les données récentes indiquent plus de 70 000 demandes internationales déposées chaque année via ce système. Le PCT pour les brevets internationaux Le PCT (Patent Cooperation Treaty - Traité de coopération en matière de brevets) signé à Washington le 19 juin 1970 organise le système international de dépôt centralisé des brevets. Le système couvre aujourd'hui plus de 155 États et permet aux déposants de réserver leurs droits dans de multiples juridictions par une procédure centralisée. La procédure PCT comporte deux phases : la phase internationale (jusqu'à 30 ou 31 mois après la priorité) : dépôt centralisé auprès d'un office récepteur (l'INPI pour les déposants français), recherche internationale par une administration chargée (OEB le plus souvent pour les déposants français), publication internationale, examen préliminaire international optionnel ; la phase nationale : ouverture des procédures dans chaque office national désigné, avec instruction selon le droit national applicable. Le PCT ne délivre pas de brevet international unique, mais permet le dépôt simultané dans de nombreuses juridictions avec un report des coûts les plus importants à 30 ou 31 mois. Cette facilité de réservation des droits explique son succès auprès des innovateurs internationaux : plus de 275 000 demandes PCT sont déposées chaque année. L'OMPI publie les demandes PCT dans la base PATENTSCOPE, accessible publiquement et offrant un accès à plus de 100 millions de documents brevets, incluant les demandes nationales de plus de 70 offices. L'Acte de La Haye pour les dessins et modèles L'Acte de La Haye concernant l'enregistrement international des dessins et modèles industriels (acte de 1925, révisé à plusieurs reprises, dernière version en 1999) organise le système international de dépôt centralisé des dessins et modèles. Le système permet aux déposants de désigner plusieurs États ou organisations intergouvernementales (notamment l'EUIPO pour l'Union européenne) par une demande unique. L'Acte de La Haye couvre aujourd'hui plus de 80 parties contractantes, dont l'Union européenne dans son ensemble. Le système présente plusieurs avantages : la simplicité d'une demande unique pour plusieurs juridictions ; la rapidité de la procédure (publication dans le Bulletin international des dessins et modèles) ; la flexibilité avec possibilité de différer la publication jusqu'à 30 mois pour préserver le secret commercial ; la gestion centralisée des renouvellements et modifications. Les données récentes indiquent environ 5 000 à 6 000 demandes internationales déposées chaque année via ce système, qui reste moins utilisé que Madrid ou le PCT mais constitue un outil utile pour les industries de la mode, du design et de la création. Le Centre d'arbitrage et de médiation de l'OMPI Le Centre d'arbitrage et de médiation de l'OMPI établi à Genève en 1994 constitue l'une des principales instances internationales de résolution alternative des litiges en matière de propriété intellectuelle. Le Centre administre plusieurs procédures spécialisées : l'arbitrage classique et accéléré pour les litiges contractuels (licences, cessions, partenariats) ; la médiation comme préalable à l'arbitrage ou en alternative ; la procédure UDRP (Uniform Domain-Name Dispute-Resolution Policy) pour les litiges relatifs aux noms de domaine génériques ; la procédure ccTLD pour les noms de domaine territoriaux des États ayant désigné l'OMPI (notamment .fr en alternative à SYRELI via la procédure PARL) ; les panels d'experts pour les questions techniques spécifiques (interprétation contractuelle, évaluation de préjudices, vérification d'usage). Les statistiques du Centre OMPI indiquent plus de 70 000 procédures UDRP traitées depuis 1999 et plusieurs centaines d'arbitrages contractuels chaque année. Le Centre publie l'ensemble de ses décisions UDRP dans une base consultable, qui constitue une référence jurisprudentielle internationale incontournable. Spécificité juridique sur les traités structurants administrés par l'OMPI L'OMPI administre une vingtaine de traités internationaux structurant la coopération en propriété intellectuelle. Parmi les plus importants : la Convention de Paris pour la protection de la propriété industrielle (1883) : pose les principes du traitement national, du droit de priorité de 6 ou 12 mois selon les titres, et de la protection des marques notoirement connues ; la Convention de Berne pour la protection des œuvres littéraires et artistiques (1886) : organise la protection internationale du droit d'auteur sans formalité d'enregistrement ; l'Arrangement de Nice (1957) : établit la classification internationale des produits et services pour l'enregistrement des marques (45 classes) ; le Traité OMPI sur le droit d'auteur (WCT, 1996) et le Traité OMPI sur les interprétations et exécutions et les phonogrammes (WPPT, 1996) : adaptent la protection au numérique ; le Traité de Marrakech (2013) : facilite l'accès aux œuvres publiées pour les personnes aveugles et déficientes visuelles ; l'Arrangement de Lisbonne (1958) et l'Acte de Genève (2015) : organisent la protection internationale des appellations d'origine et indications géographiques ; le Traité de Singapour (2006) : modernise les procédures d'enregistrement des marques. Ces traités structurent l'architecture juridique internationale de la propriété intellectuelle et fournissent le cadre dans lequel les offices nationaux et régionaux opèrent. La France est partie à la quasi-totalité de ces traités, ce qui ouvre aux opérateurs français l'accès à l'ensemble des dispositifs internationaux. L'OMPI travaille en partenariat étroit avec l'OMC pour l'application de l'Accord ADPIC (Aspects des Droits de Propriété Intellectuelle qui touchent au Commerce, 1995). Cet accord, intégré au système de l'OMC depuis 1995, fixe des standards minimaux internationaux et constitue le complément structurant des traités OMPI. Le cabinet Aurore Bonavia se charge de vos enjeux en matière d'OMPI les dépôts de marques internationales via le système de Madrid ; les dépôts de dessins et modèles internationaux via l'Acte de La Haye ; les dépôts de brevets internationaux via le PCT et l'examen des phases nationales ; les procédures UDRP devant le Centre OMPI pour les noms de domaine génériques ; les procédures d'arbitrage et de médiation devant le Centre OMPI pour les litiges contractuels ; la coordination internationale des stratégies de propriété intellectuelle ; la défense face aux refus provisoires notifiés par les offices nationaux désignés ; l'audit des portefeuilles internationaux et la gestion administrative centralisée ; la formation des équipes juridiques aux procédures internationales OMPI. En savoir plus sur l'accompagnement du cabinet : avocat en propriété industrielle. Sources : Convention instituant l'OMPI (Stockholm, 14 juillet 1967), Convention de Paris (1883), Convention de Berne (1886), Arrangement de Madrid (1891) et Protocole de Madrid (1989), Traité de coopération en matière de brevets (PCT, 1970), Acte de La Haye (1999), Arrangement de Nice (1957), Accord ADPIC (1995), traités OMPI, site officiel OMPI (wipo.int), base PATENTSCOPE, statistiques annuelles OMPI. Fiche mise à jour le 3 mai 2026. Obtenez des réponseset des conseils Prendre RDV - 30 min / 125€HT