Le dépôt de marque désigne l'acte juridique par lequel le titulaire d'un signe distinctif demande son enregistrement auprès d'un office de propriété industrielle, en vue d'obtenir un monopole d'exploitation sur le territoire visé. En France, cette procédure est organisée par les articles L712-1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle et conduite par l'Institut national de la propriété industrielle (INPI). L'enregistrement, contrairement à la protection automatique du droit d'auteur, suppose une démarche formelle et payante. Le dépôt confère au titulaire une présomption de validité de son titre et un point de départ daté de la protection, deux atouts décisifs en cas de contentieux ultérieur. Sans dépôt, un signe distinctif ne bénéficie en principe que de la protection résiduelle ouverte par l'action en concurrence déloyale ou, dans des cas exceptionnels, par la protection de la marque notoire au sens de la Convention de Paris. L'enjeu stratégique du dépôt dépasse la simple formalité administrative. Le choix des classes de produits et services, la rédaction des libellés, la sélection du périmètre territorial et l'articulation avec les marques existantes du portefeuille déterminent la qualité de la protection acquise et conditionnent les capacités d'extension future de l'activité. Vous souhaitez déposer une marque ? Le Cabinet Aurore Bonavia conduit l'ensemble du processus de dépôt, depuis la stratégie initiale jusqu'au certificat d'enregistrement, en France comme à l'international. → Voir l'accompagnement en propriété intellectuelle Les étapes de la procédure de dépôt en France La procédure française de dépôt de marque auprès de l'INPI s'articule en cinq étapes successives, échelonnées sur quatre à six mois en l'absence d'opposition. Recherche d'antériorités : étape préalable indispensable consistant à interroger les bases de marques (INPI, EUIPO, base internationale OMPI) et les autres registres pertinents (RCS, AFNIC pour les noms de domaine) afin d'identifier les droits antérieurs susceptibles de faire obstacle au dépôt ou à l'usage. Constitution du dossier de dépôt : sélection des classes parmi les 45 catégories de la classification de Nice, rédaction précise des libellés de produits et services couverts, choix du déposant et préparation des éléments graphiques pour les marques figuratives ou semi-figuratives. Dépôt en ligne sur le portail de l'INPI, accompagné du paiement des taxes officielles. Le coût de référence pour 2026 démarre à 190 € pour une classe et 40 € par classe supplémentaire pour un dépôt national français. Examen par l'INPI : vérification de la conformité formelle du dossier puis examen des motifs absolus de refus (caractère distinctif, conformité à l'ordre public, absence de caractère trompeur), suivi de la publication au Bulletin officiel de la propriété industrielle dans un délai d'environ six semaines. Période d'opposition de deux mois ouverte aux titulaires de droits antérieurs en application de l'article L712-4 du CPI ; à l'issue de cette période, et en l'absence d'opposition, l'INPI délivre le certificat d'enregistrement. L'enregistrement court à compter de la date de dépôt pour une durée de dix ans, renouvelable indéfiniment moyennant le paiement des taxes de renouvellement. Les voies européenne et internationale Au-delà du dépôt national français, deux voies permettent d'étendre la protection à l'étranger. Le dépôt de marque de l'Union européenne auprès de l'EUIPO confère par un titre unique une protection couvrant simultanément les vingt-sept États membres de l'Union européenne, sur le fondement du règlement (UE) 2017/1001. Le coût officiel démarre à 850 € pour une classe avec dépôt électronique. La procédure se déroule sur six à neuf mois en moyenne et inclut une période d'opposition de trois mois ouverte aux titulaires de droits antérieurs dans tout l'espace européen. Pour le dépôt national français, l'extension à la Polynésie française mérite une attention particulière. La marque française déposée auprès de l'INPI ne couvre pas automatiquement le territoire polynésien : une taxe complémentaire de 60 € permet de l'étendre à la Polynésie française. À défaut de cette extension, des tiers peuvent enregistrer le même signe sur ce territoire et bloquer son exploitation locale. Les autres collectivités d'outre-mer (Martinique, Guadeloupe, La Réunion, Guyane, Mayotte, Saint-Martin, Saint-Barthélemy) sont en revanche couvertes par le dépôt national standard. Le dépôt international via le système de Madrid administré par l'OMPI permet, à partir d'une marque de base nationale ou européenne, de demander l'enregistrement dans plus de cent-trente États parties au Protocole de Madrid. Le coût est variable selon les pays désignés et se compose d'une taxe de base et de taxes individuelles propres à chaque État. Cette voie présente l'avantage d'une procédure unifiée mais expose le titulaire à un risque dit d'« attaque centrale » : l'invalidation de la marque de base dans les cinq années suivant le dépôt international entraîne l'extinction simultanée de l'ensemble des extensions. La rédaction stratégique des libellés de produits et services La qualité d'un dépôt de marque tient pour une large part à la rédaction des libellés des classes de produits et services. La classification de Nice, administrée par l'OMPI, organise tous les biens et services en quarante-cinq classes dont les intitulés généraux sont répertoriés dans la base TMclass de l'EUIPO. Trois écueils principaux doivent être évités lors de la rédaction : les libellés trop larges qui couvrent l'ensemble d'une classe sans réflexion stratégique exposent le titulaire à des actions en déchéance pour défaut d'usage sérieux à l'expiration du délai de cinq ans prévu à l'article L714-5 du CPI ; les libellés trop restreints qui n'anticipent pas les évolutions de l'activité contraignent à des dépôts complémentaires ultérieurs, plus coûteux et exposés aux antériorités acquises entre-temps par des tiers ; les libellés ambigus ou imprécis qui peuvent être rejetés par l'INPI ou l'EUIPO en application de la jurisprudence IP Translator (CJUE 19 juin 2012, C-307/10) qui exige clarté et précision dans la désignation des produits et services. L'équilibre tient dans une rédaction qui couvre l'activité réelle du déposant et ses extensions raisonnablement prévisibles à horizon de cinq à dix ans. Spécificité juridique sur la priorité unioniste L'article 4 de la Convention de Paris pour la protection de la propriété industrielle (1883) instaure le mécanisme dit de priorité unioniste : « Celui qui aura régulièrement fait le dépôt d'une demande de brevet d'invention, d'un modèle d'utilité, d'un dessin ou modèle industriel, d'une marque de fabrique ou de commerce dans l'un des pays de l'Union, ou son ayant cause, jouira, pour effectuer le dépôt dans les autres pays, d'un droit de priorité pendant les délais déterminés ci-après. » Pour les marques, ce délai de priorité est fixé à six mois à compter du premier dépôt national. Pendant cette période, le titulaire peut déposer la même marque dans tout autre pays de l'Union de Paris en revendiquant la date de son premier dépôt comme date d'antériorité opposable aux tiers. Ce mécanisme évite qu'un dépôt national initial soit ruiné par l'enregistrement entre-temps d'une marque identique ou similaire dans un pays tiers. La revendication de priorité doit être expresse et accompagnée d'une copie certifiée de la première demande, dans les délais et formes prévus par chaque office. À défaut, le bénéfice de la priorité unioniste est définitivement perdu. Le cabinet Aurore Bonavia se charge de vos enjeux en matière de dépôt de marque la conduite de la recherche d'antériorités préalable au dépôt sur les bases françaises, européennes et internationales ; la rédaction stratégique des libellés de produits et services dans le respect des exigences de clarté et de précision ; les formalités de dépôt national auprès de l'INPI, communautaire auprès de l'EUIPO et international par le système de Madrid auprès de l'OMPI ; la revendication de la priorité unioniste pour les dépôts ultérieurs réalisés dans les six mois du premier dépôt ; la réponse aux objections et notifications d'irrégularité émises par les offices au cours de l'examen ; la défense face aux oppositions formées par des titulaires de droits antérieurs ; la mise en place de la surveillance de marque pour détecter les dépôts ultérieurs susceptibles de porter atteinte à votre signe ; le suivi du portefeuille et le renouvellement des titres aux échéances décennales. En savoir plus sur l'accompagnement du cabinet : avocat en droit des marques. Sources : Code de la propriété intellectuelle (art. L712-1 à L712-26, L714-5), Règlement (UE) 2017/1001 (marque UE), Protocole de Madrid (1989), Arrangement de Nice, Convention de Paris (1883) art. 4, jurisprudence CJUE 19 juin 2012 (IP Translator C-307/10), INPI tarifs et extensions territoriales (Polynésie française), EUIPO, OMPI. Fiche mise à jour le 4 mai 2026. Obtenez des réponseset des conseils Prendre RDV - 30 min / 125€HT